Seconds résultats de l’étude nationale de la COVID-19 par Vox Pop Labs | Vox Pop Labs

Seconds résultats de l’étude nationale de la COVID-19 par Vox Pop Labs

Seconds résultats de l’étude nationale de la COVID-19 par Vox Pop Labs

Publié le 14 avril 2020

Les Canadiens veulent des mesures fédérales plus strictes pour lutter contre la COVID-19, mais s’opposent au suivi des données de localisation des téléphones mobiles

Le 20 mars 2020, Vox Pop Labs a lancé la première vague de son Moniteur COVID-19, une enquête d’opinion publique continue sur les réactions à la pandémie de coronavirus et les réponses politiques à celle-ci. Pendant plusieurs semaines, des échantillons aléatoires de Canadiens seront tirés du panel de Vox Pop Labs. Comme les répondants sont affectés aléatoirement à chaque vague, cette analyse transversale en continu permet des inférences dans le temps. Les résultats initiaux ont été publiés le 26 mars 2020. Depuis, nous avons réalisé deux vagues supplémentaires de l’étude et recueilli un total de 7 381 réponses. Ce compte rendu résume plusieurs nouveaux résultats obtenus à ce jour pour les trois vagues. au fur et à mesure qu’elles seront disponibles.

Résultats principaux

  • Les trois quarts des Canadiens souhaitent que le gouvernement mette en place des mesures plus strictes pour empêcher la progression de la transmission de la COVID-19.
  • 8 Canadiens sur 10 pensent que le gouvernement fédéral devrait restreindre davantage les voyages à l’intérieur du Canada, mais un tiers des Canadiens plus à droite idéologiquement s’opposent à de telles restrictions.
  • 6 Canadiens sur 10 sont en faveur d’une ordonnance de confinement à domicile nationale, mais la moitié des Canadiens plus à droite idéologiquement sont opposés à une telle mesure.
  • 6 Canadiens sur 10 sont favorables à l’invocation de la Loi sur les mesures d’urgence, et ce soutien est beaucoup plus élevé chez les femmes canadiennes que chez les hommes.
  • 9 Canadiens sur 10 estiment que les entreprises canadiennes devraient être mandatées par le gouvernement fédéral pour produire l’équipement nécessaire à la lutte contre l’épidémie. Le soutien à une telle mesure est particulièrement élevé parmi les Canadiens qui tendent vers le centre et la gauche idéologique.
  • 6 Canadiens sur 10 s’opposent au suivi des données de localisation des téléphones mobiles par le gouvernement comme outil pour répondre à la pandémie, les jeunes Canadiens étant les plus susceptibles d’être de cet avis.
  • Les Canadiens connaissent des niveaux accrus de détresse psychologique liée à la COVID-19, mais les personnes se décrivant comme ayant auparavant une santé mentale mauvaise ou seulement passable sont plus sévèrement touchées.

Risques et mesures

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Depuis la première vague de notre sondage, nous avons inclus une série de questions visant à évaluer le degré d’ouverture des Canadiens aux différentes mesures d’urgence que le gouvernement fédéral canadien envisage pour lutter contre la pandémie.

Restrictions de déplacement au canada

Actuellement, le gouvernement canadien oblige les personnes qui ont récemment voyagé à l’étranger à s’isoler pendant une période de 14 jours et encourage toutes les autres, à l’exception des travailleurs essentiels, à rester chez elles autant que possible. Toutefois, les trois quarts des Canadiens souhaitent que le gouvernement mette en place des mesures plus strictes pour empêcher le virus de se propager. Similairement, une majorité écrasante de Canadiens (80 %) pense que le gouvernement fédéral devrait restreindre davantage les voyages à l’intérieur du Canada.

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Malgré ce consensus, un fossé idéologique intéressant se dessine, alors que près du tiers des répondants qui tendent vers la droite (32 %) s’opposent à de telles restrictions de déplacement.

Confinement à domicile obligatoire

La plupart des Canadiens (62 %) croient que les travailleurs non essentiels, c’est-à-dire les personnes qui n’assurent pas de services essentiels, devraient s’exposer à des amendes ou même à l’emprisonnement s’ils quittent leur domicile.

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IIl convient toutefois de noter que les répondants de centre (71 %) et de gauche (60 %) sont plus ouverts à la notion d’un confinement à domicile obligatoire. En revanche, 51 % des répondants de droite sont opposés à une telle mesure. Ce fossé idéologique est particulièrement évident parmi ceux ayant choisi « Fortement en désaccord ».

Dans la province de l’Ontario, désobéir aux mesures de distanciation sociale prévues par la Loi sur la protection civile et la gestion des situations d’urgence pourrait vous coûter jusqu’à 100 000 dollars d’amende et un an de prison. Durant la fin de semaine du 11 et 12 avril 2020 seulement, la police de Toronto a donné près de 50 contraventions à des résidents qui ne respectaient pas la loi. Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a averti qu’une ordonnance de confinement à domicile pourrait être imminente si les responsables de la santé publique le recommandaient.

Loi sur les mesures d’urgence

Plus de la moitié des Canadiens (56 %) estiment que la crise actuelle justifie le recours à la Loi sur les mesures d’urgence.

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Les femmes (62 %) sont beaucoup plus nombreuses que les hommes (51 %) à être de cet avis. L’invocation de la Loi accorderait des « pouvoirs extraordinaires » au gouvernement fédéral, tels que :

  • Réglementer ou interdire les déplacements dans toutes les régions du pays ;
  • Évacuer les personnes et déplacer ou réquisitionner les biens personnels ;
  • Ordonner à toute personne de fournir les services essentiels pour lesquels elle est qualifiée ;
  • Réglementer la distribution des biens et des ressources essentiels ;
  • Effectuer des paiements d’urgence et indemniser ceux qui subissent des pertes à la suite de mesures prises en vertu de la Loi; et
  • Imposer des amendes de 500 à 5 000 dollars ou des peines de prison de six mois à cinq ans pour toute infraction à un ordre ou à une règle établie en vertu de la Loi.

Le premier ministre Justin Trudeau a soutenu que les Libéraux cherchent à mettre en place certaines mesures de sécurité et de gouvernance sans avoir à placer le pays en état d’urgence. La dernière fois que ces pouvoirs d’urgence fédéraux ont été invoqués était lors de la crise d’octobre de 1970, déclenchée par les enlèvements du FLQ.

En comparaison aux autres questions de notre enquête, cette question sur l’invocation de la Loi sur les mesures d’urgence est celle à laquelle le plus de Canadiens ont répondu « Ne sait pas » (16 %). Cela suggère que certains Canadiens n’en savent peut-être pas assez sur les implications de la Loi sur les mesures d’urgence. D’importants efforts d’éducation du public seront probablement nécessaires si le gouvernement décide d’invoquer cette législation.

Entreprises canadiennes

Nous avons également interrogé les répondants sur la relation plus large entre le gouvernement et les industries, à la lumière de l’annonce récente du gouvernement fédéral d’une association avec les industries canadiennes pour lutter contre la COVID-19. La grande majorité des Canadiens (86 %) pensent que le gouvernement fédéral devrait ordonner aux entreprises canadiennes de produire les équipements et le matériel dont elles ont besoin de toute urgence pour combattre l’épidémie.

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Une fois de plus, il existe un écart idéologique intéressant à cet égard, les répondants qui s’identifient à la gauche politique (90 %) et ceux qui s’identifient au centre (89 %) étant plus favorables à ce que les entreprises canadiennes soient mandatées par le gouvernement fédéral pour fabriquer des fournitures indispensables, comme des ventilateurs et des équipements de protection individuelle (ÉPI). En revanche, seuls 72 % des répondants plus à droite sont de cet avis.

Suivi des données

Si les Canadiens sont généralement favorables à ce que le gouvernement fédéral adopte des mesures plus strictes pour lutter contre la COVID-19, il existe une résistance notable à l’idée d’un partenariat entre le gouvernement et des entreprises privées pour utiliser les données de localisation des téléphones mobiles afin de suivre et de contenir le virus.

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En particulier, les jeunes répondants âgés de 18 à 34 ans semblent s’opposer de façon plus importante au suivi des données de localisation des téléphones mobiles comme outil de réponse à une pandémie.

Ces résultats suggèrent que tout partenariat potentiel en matière de données susciteront des préoccupations relatives à la sécurité et à la vie privée, et devra être soigneusement défini et justifié auprès du public. Cette prudence devrait également servir à mettre en garde contre les collaborations public-privé qui pourraient déjà être en cours, comme l’acquisition par le gouvernement fédéral du logiciel BlueDot, qui utilise l’intelligence artificielle et humaine pour suivre la propagation et l’impact de plus de 150 maladies infectieuses dans le monde.

Santé mentale

Pour beaucoup d’entre nous, l’épidémie de COVID-19 est stressante et éprouvante. La plupart des Canadiens ont connu des niveaux accrus d’anxiété, de peur et de stress au cours des 14 derniers jours. Cependant, ces sentiments sont ressentis avec acuité par ceux qui se décrivent déjà comme ayant une santé mentale mauvaise ou seulement passable.

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Par exemple, 74 % des répondants s’étant déjà déclarés comme ayant une santé mentale mauvaise ou passable ont signalé une augmentation de leur anxiété au cours des 14 derniers jours. En comparaison, seulement 60 % de ceux qui ont une bonne ou une excellente santé mentale ont donné cette même réponse.

L’écart de santé mentale est particulièrement évident dans les auto-évaluations du « désespoir » et de la « solitude ». Les Canadiens dont la santé mentale est mauvaise ou passable sont deux fois plus susceptibles de signaler une augmentation du sentiment de désespoir, par rapport à ceux dont la santé mentale est bonne ou excellente. Enfin, dans l’auto-évaluation de la solitude, les Canadiens dont la santé mentale est mauvaise ou passable (50 %) dépassent encore une fois ceux dont la santé mentale est bonne ou excellente (34 %).

Méthodologie

Les résultats sont issus d’un sondage menée auprès de répondants sélectionnés de façon aléatoire à partir du panel en ligne de Vox Pop Labs entre le 20 mars et le 1er avril 2020 (n = 7 389). Les données ont été pondérées par âge, sexe, niveau d’éducation, revenu du ménage, région et identification partisane afin d’obtenir un échantillon représentatif de la population canadienne. Une deuxième vague de l’étude est déjà en cours et Vox Pop Labs déploiera de nouvelles vagues toutes les 72 heures afin de suivre l’évolution dans le temps des opinions liées à la COVID-19 et à ses impacts associés.

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