Résultats de la première vague de l’étude nationale de la COVID-19 par Vox Pop Labs | Vox Pop Labs

Résultats de la première vague de l’étude nationale de la COVID-19 par Vox Pop Labs

Résultats de la première vague de l’étude nationale de la COVID-19 par Vox Pop Labs

Publié le 26 mars 2020

Les Canadiens suivent largement les conseils du gouvernement et des représentants de la santé publique pour aplatir la courbe, mais les tensions sont fortes à mesure que le nombre de cas confirmés et présumés de COVID-19 augmente

Vendredi dernier, Vox Pop Labs a lancé la première vague de son étude continue sur les réactions publiques face à la pandémie de la COVID-19. De nouvelles vagues seront déployées toutes les 72 heures afin de surveiller en permanence les réactions du public face aux nouvelles informations, dans l’espoir d’informer et d’évaluer les mesures mises en place en réponse au virus. La présente enquête est une collaboration entre Vox Pop Labs, MASS LBP et les chercheurs en santé publique de l’hôpital St. Michael’s de Toronto. Les nouvelles données seront publiées sur le site voxpoplabs.com au fur et à mesure qu’elles seront disponibles.

Résultats principaux

  • Neuf Canadiens sur dix se lavent les mains plus fréquemment avec de l’eau et du savon, se tiennent à l’écart des lieux bondés et évitent les poignées de main
  • Environ 8 Canadiens sur 10 pratiquent la distanciation sociale en évitant les contacts personnels non essentiels, en gardant leurs distances avec les autres dans la mesure du possible et en évitant de voyager à l’étranger
  • Près d’un Canadien sur cinq ne sait toujours pas quand ni comment demander un test pour la COVID-19
  • Les trois quarts des Canadiens se disent très préoccupés par l’économie et près de la moitié des Canadiens sont davantage inquiets qu’il y a un mois de ne pas être capables de payer leurs factures
  • Deux tiers des Canadiens ont ressenti un certain degré de détresse psychologique depuis le début de la pandémie et font état de niveaux élevés d’anxiété, de peur et de stress
  • Plus de la moitié des Canadiens sont globalement confiants dans la réponse initiale du gouvernement fédéral à la pandémie de COVID-19
  • Les Québécois sont deux à trois fois plus confiants envers la réponse de leur province à la COVID-19 que les résidents des autres provinces
  • Les Canadiens ont davantage confiance envers les responsables de la santé publique qu’envers les politiciens ou les médias

Préoccupation publique

Les premiers résultats indiquent que l’inquiétude concernant les risques posés par la COVID-19 a augmenté de façon spectaculaire au cours du dernier mois. Une majorité de Canadiens (56 %) a déclaré ne pas du tout s’être inquiété de contracter la COVID il y a un mois, mais à l’heure actuelle, seuls 14 % ne s’en préoccupent pas. Bien que les jeunes soient moins enclins à prendre la menace de la COVID-19 au sérieux, les Canadiens âgés de 18 à 34 ans sont plus susceptibles d’indiquer qu’ils sont « extrêmement préoccupés » par le fait de contracter personnellement le virus ou par le fait qu’un ami, qu’un membre de leur famille ou qu’une personne de leur communauté locale soit infecté. Bien que la crainte de contracter personnellement la COVID-19 ne diffère pas significativement entre les hommes et les femmes, les femmes sont nettement plus inquiètes que les hommes à l’idée qu’un ami ou qu’un membre de leur famille puisse contracter le virus.

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Les inquiétudes concernant la sécurité économique ont également augmenté de manière drastique au cours du dernier mois. Les trois quarts des Canadiens se disent très préoccupés par l’économie et près de la moitié des Canadiens sont davantage inquiets qu’il y a un mois de ne pas être capables de payer leurs factures. Les inquiétudes concernant la transmission de la COVID-19 ont également augmenté de façon spectaculaire, 70 % des Canadiens étant plus inquiets qu’il y a un mois de voir un ami ou un membre de leur famille contracter la COVID-19.

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La proportion de Canadiens qui se sentent « extrêmement préoccupés » par l’économie mondiale a quintuplé par rapport au mois dernier, passant de 5 % à 25 %. Quarante pour cent des Canadiens ont déclaré ne pas être du tout préoccupés par l’économie canadienne il y a un mois ; maintenant, tous sauf quatre pour cent expriment au moins une certaine inquiétude. Soixante-trois pour cent des Canadiens étaient tout à fait confiants quant à leur capacité à payer leurs factures le mois dernier, alors que ce chiffre s’élève actuellement à 36 %. Et si 74 % des Canadiens n’avaient aucune inquiétude quant à leur sécurité d’emploi il y a un mois, seuls 46 % d’entre eux sont du même avis aujourd’hui.

L’inquiétude est particulièrement marquée en ce qui concerne la disponibilité de la nourriture et des fournitures. Il y a un mois à peine, trois Canadiens sur quatre n’avaient aucune inquiétude quant à l’accès à la nourriture et aux approvisionnements ; aujourd’hui, seul un sur quatre demeure totalement indifférent. Une tendance similaire est évidente en ce qui concerne la confiance publique en la capacité du système de santé à fournir des soins adéquats aux Canadiens. La proportion de Canadiens qui se disent quelque peu, très ou extrêmement préoccupés par la capacité du système de santé du pays est passée de 29 % à 75 % au cours du dernier mois.

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Mesures préventives

Les Canadiens se conforment, en grande partie, aux conseils du gouvernement et des responsables de la santé publique en ce qui concerne le contrôle de la propagation de la COVID-19. Environ 9 Canadiens sur 10 déclarent se laver les mains plus fréquemment avec de l’eau et du savon, se tenir à l’écart des endroits bondés et éviter les poignées de main. Quatre-vingt-quatre pour cent des Canadiens pratiquent la distanciation sociale en évitant tout contact personnel non essentiel en dehors de leur domicile et en gardant une distance d’au moins deux longueurs de bras par rapport aux autres, dans la mesure du possible. Environ 8 Canadiens sur 10 ont indiqué qu’ils évitaient les voyages à l’extérieur du Canada, bien que cette étude ait été réalisée juste avant la fermeture des frontières. Près de la moitié des Canadiens a déclaré ne pas aller au travail ou travailler à domicile plus qu’à l’habitude, bien que, là encore, cette étude ait été menée juste avant la fermeture obligatoire des entreprises non essentielles dans plusieurs provinces. Concernant les mesures sanitaires supplémentaires, 71 % des Canadiens essaient consciemment d’éviter de se toucher le visage avec des mains non lavées et 62 % nettoient et désinfectent plus souvent les surfaces et les objets fréquemment touchés. Peu de Canadiens portent des gants ou des masques jetables, ce que l’Agence de la santé publique du Canada ne décourage pas pour l’instant.

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Alors qu’une majorité d’hommes et de femmes appliquent les mesures recommandées pour contenir la COVID-19, les femmes prennent généralement plus de précautions que les hommes. Les femmes sont nettement plus susceptibles, par exemple, d’éviter les contacts non essentiels en dehors du foyer, d’éviter les voyages à l’étranger et d’éviter les contacts avec des personnes plus susceptibles d’avoir contracté la COVID-19, comme celles qui ont voyagé récemment. Les femmes sont également plus susceptibles de prendre des mesures sanitaires pour prévenir la propagation de l’infection, par exemple en évitant de se toucher le visage, en toussant ou en éternuant dans un mouchoir ou dans la courbure de leurs bras, et en désinfectant plus souvent les surfaces fréquemment touchées.

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Information

Dans l’ensemble, les Canadiens se sentent bien informés sur la COVID-19, en particulier sur ses symptômes. Seuls vingt-huit pour cent des Canadiens se considèrent insuffisamment informés sur la manière d’accéder au dépistage et au traitement du virus.

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Une majorité de Canadiens se fie aux médias pour obtenir des nouvelles et de l’information sur la pandémie COVID-19, les nouvelles télévisées et en ligne étant les sources les plus fréquemment consultées. Quatre-vingt-cinq pour cent des Canadiens ont indiqué qu’ils obtenaient leurs informations sur la COVID-19 principalement auprès de sources d’information canadiennes.

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Cependant, les Canadiens font moins confiance aux médias qu’au gouvernement comme source d’information sur la COVID-19. Les représentants de la santé publique sont la source d’information sur le virus en laquelle les Canadiens ont le plus confiance.

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Intervention du gouvernement fédéral

Malgré leurs inquiétudes quant aux conséquences économiques immédiates et à long terme, les Canadiens sont largement en faveur des mesures prises par les gouvernements fédéral et provinciaux afin de lutter contre la propagation de la COVID-19. Quarante-cinq pour cent des Canadiens estiment que les mesures prises par le gouvernement fédéral sont appropriées compte tenu des circonstances, alors que 47 % pensent que la réponse du gouvernement fédéral a été légèrement ou largement insuffisante.

Soixante-trois pour cent des Canadiens pensent que le gouvernement fédéral en fait assez pour protéger les Canadiens contre les risques sanitaires posé par la COVID-19. Les Québécois, quant à eux, sont nettement moins susceptibles que le reste du Canada d’être fortement d’accord et nettement plus susceptibles d’être quelque peu en désaccord.

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La confiance du public envers les informations fournies par le gouvernement fédéral demeure élevée, alors que 46 % des Canadiens indiquent avoir une confiance modérée envers le gouvernement fédéral en tant que source d’informations factuelles et objectives sur la COVID-19, et que 32 % indiquent avoir une grande confiance. Toutefois, il existe des différences significatives au sein de la population en fonction du positionnement idéologique autodéclaré.

En effet, les citoyens idéologiquement plus à droite sont significativement moins susceptibles d’avoir une forte confiance envers le gouvernement fédéral, tandis que ceux qui sont plus à gauche sont significativement plus susceptibles.

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Interventions des gouvernements provinciaux

Les gouvernements des provinces de l’Atlantique et particulièrement du Québec ont obtenu de bien meilleurs résultats que leurs homologues du centre et de l’ouest du Canada quant à la perception publique de leurs efforts pour combattre la montée de la COVID-19.

Quatre-vingt-huit pour cent des Québécois pensent que le gouvernement de François Legault a agi de façon appropriée compte tenu des circonstances et 94 % d’entre eux sont d’avis que le gouvernement du Québec en fait assez pour protéger la population des risques sanitaires liés à la COVID-19.

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L’Ontario, la Colombie-Britannique ainsi que les provinces des prairies de l’Alberta, du Manitoba et de la Saskatchewan ont des taux d’approbation nettement inférieurs à ceux du Québec en ce qui concerne leur gestion respective de la crise. Néanmoins, dans chaque cas, une majorité de la population demeure en accord – ou plutôt d’accord – avec le fait que leur gouvernement provincial en fait assez pour faire face à la crise sanitaire liée à la COVID-19.

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La confiance envers les informations fournies par les gouvernements provinciaux varie également de manière significative d’une province à l’autre. Le Québec se distingue à nouveau du reste du Canada, alors que 79 % des Québécois ont une forte confiance envers leur gouvernement provincial quant à la nature objective et factuelle des informations sur la COVID-19. Les provinces de l’Atlantique sont également beaucoup plus susceptibles d’afficher une grande confiance envers leur gouvernement provincial respectif, tandis que la Colombie-Britannique, l’Ontario et les Prairies sont à la traîne.

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Santé mentale

L’état d’urgence sanitaire a également eu un impact sur la santé mentale des Canadiens. Près de trente pour cent des Canadiens ont constaté un déclin récent de leur santé mentale. Plus particulièrement, soixante-cinq pour cent des Canadiens ont fait état d’une augmentation de leur sentiment d’anxiété, 57 % ont déclaré qu’ils étaient plus craintifs et 68 % ont indiqué des niveaux de stress plus élevés. Par ailleurs, quarante-six pour cent des Canadiens se sentent moins optimistes ces derniers temps, et 39 % ont fait état d’une baisse de leur bonheur.

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Méthodologie

Les résultats sont issus d’un sondage mené auprès de répondants sélectionnés de façon aléatoire à partir du panel en ligne de Vox Pop Labs entre le 20 et le 23 mars 2020 (n = 2 439). Les données ont été pondérées par âge, sexe, niveau d’éducation, revenu du ménage, région et identification partisane afin d’obtenir un échantillon représentatif de la population canadienne. Une deuxième vague de l’étude est déjà sur le terrain et Vox Pop Labs déploiera de nouvelles vagues aux 72 heures afin de suivre l’évolution continue des opinions liées à la COVID-19 et à ses impacts associés.

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