Révélation de tendances marquantes dans la manière dont la population perçoit les chefs de parti

Révélation de tendances marquantes dans la manière dont la population perçoit les chefs de parti

Publié le 12 November 2015

Ces dernières semaines, les analyses de la victoire libérale aux dernières élections fédérales foisonnent. Tout le monde y va de son interprétation. Peu de gens toutefois disposent de données détaillées au-delà des résultats des sondages et des décomptes des votes. Les données sur l’opinion publique recueillies tout au long de la campagne électorale au moyen de la Boussole électorale constituent donc une formidable source d’information sur un des plus importants retournements électoraux de l’histoire récente du Canada.

À partir des millions de réponses recueillies au cours des 72 jours de la campagne fédérale, Vox Pop Labs a généré une série temporelle de l’évolution des cotes de compétence et de confiance attribuées par les répondants aux chefs de parti. Si ces données ne permettent pas vraiment de tirer des conclusions sur les intentions de vote, la perception qu’a la population de la compétence des chefs de parti et le degré de confiance qu’elle éprouve envers eux sont souvent révélateurs de la dynamique de la campagne et permettent de jeter un peu de lumière sur le sort électoral des candidats à la fonction de premier ministre. Cela est particulièrement apparent dans les illustrations graphiques chronologiques de l’évolution des perceptions, lesquelles révèlent des tendances notables.

Le fait marquant des dernières élections a été, bien sûr, la remontée remarquable de M. Trudeau, dont le parti, bon troisième en début de campagne, a coiffé à la fois le NPD et le Parti conservateur au poteau. L’évolution des cotes de confiance et de compétence de M. Trudeau affiche une progression similaire. Dans le graphique ci-dessous, on constate que Justin Trudeau arrivait nettement derrière M. Mulcair au niveau de la cote de compétence – de même que, quoique moins, au niveau de la cote de confiance – au début de septembre, mais que ses deux cotes ont commencé à remonter vers le milieu de la campagne au moment ou celles de M. Harper baissaient. Dans une campagne durant laquelle ses adversaires ont abondamment décrié le manque d’expérience de M. Trudeau, cette courbe montre que le chef du Parti libéral a néanmoins réussi à convaincre l’électorat de sa valeur.

Les cotes du premier ministre sortant elles aussi reflètent des tendances plus générales. L’évolution de la perception de la fiabilité de M. Harper n’a rien de surprenant : la confiance de la population dans le premier ministre tend à s’éroder avec le temps (bien que cela ne soit pas toujours le cas). D’un autre côté, les évaluations de la compétence de M. Harper sont significatives étant donné que les premiers ministres sortants bénéficient normalement d’un certain avantage sur ce plan puisqu’ils ont l’expérience du pouvoir. À en juger par les deux courbes, il semble que M. Harper ait amorcé la campagne en position de faiblesse pour ensuite remonter dans les perceptions vers la fin du mois de septembre avant de reperdre du terrain en fin de campagne.

Il importe de noter que le calcul des moyennes avantage M. Mulcair, M. Trudeau, M. Duceppe et Mme May, étant donné que leurs partisans sont plus généreux dans leurs évaluations des chefs de ces quatre partis qu’ils ne le sont envers M. Harper. Cette générosité est d’ailleurs en soi digne de mention, car elle témoigne d’une forme d’affinité politique qui peut, dans les bonnes circonstances, favoriser le vote stratégique.

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Le premier graphique illustre le degré de confiance des Canadiens envers chaque chef de parti sur une échelle de 0 à 10, où 0 signifie « pas du tout confiance » et 10 signifie « beaucoup confiance ». Le deuxième graphique utilise la même gradation pour mesurer la perception des Canadiens de la compétence de chaque chef de parti. Les données ont été́ pondérées de manière à les rapprocher de celles d’un échantillon représentatif de la population réelle du Canada selon les données du recensement et d’autres estimations démographiques. Les facteurs de pondération sont le lieu de résidence, le sexe, l’âge, le niveau d’instruction, la profession, la religion, le degré de religiosité et le degré de mobilisation civique.

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