Après les attentats de Paris, les Canadiens soutiennent davantage la campagne militaire contre l’État islamique et sont moins enclins à vouloir accueillir des réfugiés syriens au Canada

Après les attentats de Paris, les Canadiens soutiennent davantage la campagne militaire contre l’État islamique et sont moins enclins à vouloir accueillir des réfugiés syriens au Canada

Publié le 18 November 2015

Réalisée après les attentats terroristes du 13 novembre à Paris, une étude par panel effectuée par Vox Pop Labs montre que les Canadiens sont davantage favorables à une intervention militaire contre l’État islamique (EI), mais moins prêt à accueillir des réfugiés syriens comparativement aux niveaux observés au cours de la campagne électorale fédérale.

Afin de sonder l’opinion publique après les attentats terroristes commis à Paris sur deux des promesses électorales centrales du nouveau gouvernement libéral, un échantillon aléatoire de répondants ayant utilisé la Boussole électorale entre le 30 août et le 19 octobre a été constitué. Entre le 14 et le 16 novembre, on a demandé à 1 681 personnes appartenant à cet échantillon de répondre encore une fois à des questions auxquelles elles avaient répondu pendant la campagne électorale fédérale.

Ces données nous éclairent sur la conscience collective du Canada à un moment où la réaction aux attaques terroristes de Paris est encore vive et où les gens s’interrogent encore sur les répercussions de celles-ci. Nous continuerons à suivre de près l’opinion publique dans les jours et semaines à venir afin de voir si les attentats de Paris auront un effet temporaire ou durable sur les attitudes des Canadiens.

Le combat contre l’EI

Pour ce qui est de la question du niveau de participation de l’armée canadienne à la lutte contre l’EI, la proportion des Canadiens qui sont pour un accroissement du rôle du Canada dans la mission de combat a grimpé, passant de 36 % à la fin de la campagne à 48 % après les attentats de Paris.

La participation de l’armée canadienne à la mission de combat contre l’EI semble être l’enjeu au sujet duquel nous observons le plus de changement dans l’opinion publique par rapport à la récente campagne électorale fédérale. Dans les jours qui suivent une attaque comme celle-ci, il est normal d’observer un mouvement de mobilisation patriotique qui s’étend aussi aux alliés. Un tel attentat suscite des préoccupations au sujet de la portée de l’influence de l’EI et ravive les inquiétudes quant à la sécurité des populations en Occident.

L’accommodement religieux

Pour ce qui est de la question des efforts à déployer pour répondre aux besoins d’accommodement des minorités religieuses au Canada, l’opinion publique est demeurée stable. Pendant la campagne électorale, 48 % des Canadiens avaient répondu qu’ils souhaitaient qu’on permette moins d’accommodements au Canada, contre 43 % tout de suite après les attentats de Paris.

Il ne semble pas que les attentats aient causé un durcissement de l’opinion publique envers les minorités religieuses au Canada. En fait, nous observons un niveau un peu plus élevé de soutien aux minorités religieuses suite aux attentats de Paris que durant la campagne électorale fédérale, bien que cela puisse s’expliquer en partie par la politisation de la question du niqab au cours de la campagne.

La surveillance gouvernementale

Lorsqu’on compare l’opinion publique pendant la campagne électorale fédérale, dans laquelle le projet de loi C-51 était un enjeu important, et après les attentats de Paris, les Canadiens se montrent maintenant plus ouverts à la surveillance des activités en ligne par les forces de l’ordre. Pendant la campagne, 44 % des Canadiens s’opposaient à l’accroissement des pouvoirs de surveillance du gouvernement, mais ce chiffre est depuis tombé à 33 %.

Il y a maintenant davantage de Canadiens qui appuient une augmentation des pouvoirs de surveillance du gouvernement qu’il n’y en a contre, ce qui représente un profond changement depuis la fin de la campagne électorale. Il est intéressant aussi de noter que l’incertitude quant à la nécessité de la surveillance a elle aussi augmenté, bien qu’il s’agisse du même groupe de personnes sondé à deux moments différents.

L’accueil des réfugiés syriens

Vox Pop Labs avait lancé, quelques jours avant les attentats, une enquête qui comportait des questions sur les attitudes des Canadiens envers les réfugiés syriens. Le moment auquel cette étude a été lancée nous permet donc d’effectuer une comparaison unique des attitudes des Canadiens immédiatement avant et après les attentats.

Les attitudes des Canadiens envers les réfugiés syriens sont mesurées grâce à deux indices : le premier mesure le degré de sympathie des Canadiens envers les réfugiés syriens, alors que le deuxième mesure le degré d’anxiété que ressentent les Canadiens au sujet de l’établissement de ces réfugiés au Canada.

Le niveau de sympathie des Canadiens envers les réfugiés syriens est le même avant et après les attentats, mais l’anxiété au sujet de l’admission des réfugiés au Canada a sensiblement augmenté. Globalement, le niveau de soutien à l’établissement de réfugiés syriens au Canada a été ramené de 74 % avant les attentats à 69 % au cours des jours qui ont suivi.

La différence globale d’environ 5 points n’est pas très surprenante et pourrait bien être un effet temporaire. Mais au niveau des gradations, on observe que la proportion de ceux et celles qui sont fortement d’accord pour permettre aux réfugiés syriens de s’établir au Canada a chuté de 10 points suite aux attentats. Réciproquement, la proportion de ceux et celles qui sont fortement en désaccord a augmenté de 10 points.

Méthodologie

Les attitudes des Canadiens envers la mission de combat contre l’EI, l’accommodement des minorités religieuses et la surveillance en ligne ont été obtenues auprès d’un échantillon aléatoire de 1 681 répondants de l’édition fédérale canadienne de 2015 de la Boussole électorale.

Les résultats concernant les attitudes des Canadiens envers les réfugiés syriens ont été obtenus au moyen d’une enquête effectuée par Vox Pop Labs auprès de 2 497 Canadiens entre le 12 et le 14 novembre 2015. On a posé la question suivante : « S’il n’en tenait qu’à vous, est-ce que vous seriez en accord ou en désaccord à ce que ces réfugiés se voient accorder la permission de s’établir au Canada? » Le choix de réponses était le suivant : fortement en désaccord, plutôt en désaccord, un peu en désaccord, un peu d’accord, plutôt d’accord, et fortement d’accord. Nous avons utilisé une comparaison des moyennes avant et après les attentats de Paris afin d’identifier l’effet des attentats sur l’opinion publique envers l’établissement des réfugiés syriens au Canada.

Les données ont été pondérées de manière à les rapprocher de celles d’un échantillon représentatif de la population du Canada selon les données du recensement. Les facteurs de pondération sont le sexe, l’âge, le niveau d’instruction, le lieu de résidence et la langue maternelle.

2 responses to “Après les attentats de Paris, les Canadiens soutiennent davantage la campagne militaire contre l’État islamique et sont moins enclins à vouloir accueillir des réfugiés syriens au Canada”

  1. QC Prof says:

    Par curiosité, est-ce que la suite des attentats, particulièrement pour ce qui traite de la mission militaire, était le même au Québec qu’au ROC?

  2. Marie-Christine Bouchard says:

    Il est évident que ce genre d’attentats sera en augmentation dans les mois et années à venir. Ce qui aura aussi probablement pour effet d’augmenter la crainte de la population envers les immigrants syriens. Il serait bon que notre nouveau premier ministre prenne le temps d’y réfléchir et écoute la population. S’il veut la paix sociale dans le pays, il ne l’aura certainement pas en imposant des migrants non-désirés chez-nous. Aussi, il semble que la crainte n’est pas injustifiée. Ce n’est pas en faisant sentir aux gens qu’ils sont xénophobes, égoïstes et non-accueillants qu’il réussira à faire accepter ses idées. L’état islamique continuera à terroriser les populations occidentales. Ils veulent soumettre la terre entière à l’Islam. Ils continueront tant qu’ils n’auront pas réussi ou qu’ils ne seront pas complètement anéantis. Nous entamons une guerre sans fin. C’est vraiment triste!

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *